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La Conférence panorthodoxe de Rhodes (24 septembre
- 1er octobre 1961) inclut la section suivante au programme des travaux
du Préconçue panorthodoxe à venir:
1) Textes faisant autorité dans l'Eglise orthodoxe,
2) Textes ayant une autorité relative,
3) Textes ayant une autorité auxiliaire,
4) Etablissement et publication d'une Confession de foi orthodoxe unique.
La question des textes symboliques, celle de leur place et de leur importance
dans la théologie et la conscience orthodoxes en général,
n'est pas neuve dans notre Eglise. Habituellement, il est vrai, cette
question portait sur ce qu'on appelle « les livres symboliques»;
y a-t-il de tels « livres » dans l'Eglise orthodoxe et celle-ci
leur reconnaît-elle une importance spéciale ? Or, les personnes
ayant composé la section ci-dessus évitent, consciemment
sans doute, le terme contesté de « livres ». A la place
ils emploient l'expression « textes symboliques ». Le choix
de ce terme a été fait, on peut le supposer, non sans l'influence
des travaux du professeur de théologie dogmatique et morale à
la Faculté théologique d'Athènes, Jean Karmiris,
qui a beaucoup travaillé à l'étude des documents
dogmatiques de l'Eglise orthodoxe, particulièrement de l'Eglise
grecque, tant ancienne que moderne (après la chute de Byzance).
L'attention du professeur Karmiris a été particulièrement
attirée par les textes orthodoxes polémiques des XVIe-XVIIIe
siècles dirigés contre les confessions occidentales : le
catholicisme romain et le protestantisme, ainsi que par la question de
l'influence exercée par ces confessions hétérodoxes
sur la théologie orthodoxe. Le fruit de ces longues recherches
scientifiques fut un ouvrage important en deux volumes (plus de mille
pages en tout) publié par M. Karmiris en grec sous le titre de
« Monuments dogmatiques et symboliques de l'Eglise orthodoxe catholique ».
Comme nous le voyons, le professeur Karmiris évite l'expression
« livres symboliques » ; il la remplace par «Monuments(μνημεία)
dogmatiques et symboliques», évitant ainsi les associations théologiques
spécifiquement liées au terme de «livres symboliques» et
élargissant du même coup l'objet de son étude : en
plus des confessions polémiques des XVIe-XVIIIe siècles
auxquelles on applique généralement le terme de « livres
symboliques », le professeur Karmiris inclut dans son ouvrage une
série d'autres monuments de l'Eglise orthodoxe qui, d'une façon
ou d'une autre, expriment sa foi et son enseignement - symboles de foi
de l'Eglise ancienne, décisions dogmatiques des Conciles Œcuméniques
et des Conciles locaux entérinés par les Conciles Œcuméniques,
les Conciles hésychastes du XIVe siècle, des messages patriarcaux,
etc...
Nous devons tenir compte de tout cela pour comprendre correctement la
section du programme du Préconcile sur les « textes symboliques »,
ainsi que sa terminologie. C'est pour cela que nous avons cru indispensable
de nous arrêter aussi longuement sur les travaux du professeur Karmiris
au début de notre exposé.
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