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L'expérience
du repentir est vécue avec une force toute particulière
dans le sacrement de la confession. Le sens de ce "mystère"
est très bien résumé dans la brève exhortation
que le prêtre adresse au pénitent dans le rite russe : "Voici,
mon enfant, que le Christ est présent de manière invisible
pour recevoir ta confession : N'aie pas honte, ne crains pas, et ne cache
rien ; mais, sans réticence, dis-moi tout ce que tu as fait, pour
en recevoir le pardon de notre Seigneur Jésus Christ. Voici devant
nous son icône ; moi, je ne suis qu'un témoin, pour rendre
témoignage devant lui de tout ce que tu m'auras dit. Si tu me caches
quelque chose, tu porteras double péché. Veille donc, puisque
tu es venu(e) chez le médecin, à ne pas le quitter sans
être guéri(e)."
Paraphrasant cette exhortation, saint Tikhon de Zadonsk (1724-1783) écrit
: "Lorsqu'il donne des indications sur le sacrement du repentir,
le prêtre devrait parler au pénitent ainsi : Mon enfant,
tu te confesses à Dieu, qui est mécontent de tout péché
; et moi, son serviteur, je suis le témoin indigne de ton repentir.
Ne cache rien, n'aie ni honte ni peur, car il n’y a ici que nous
trois, toi, moi, et Dieu, devant qui tu as péché, qui connaît
tous tes péchés et sait comment tu les as commis. Dieu est
partout et où que tu aies dit, pensé ou fait quelque chose
de mal, il était là et savait tout ; et il est ici avec
nous maintenant, attendant des paroles de repentir et de confession. Toi
aussi tu connais tous tes péchés : n'aie pas honte de parler
de tout ce que tu as commis. Et moi qui suis ici, je suis un pécheur
comme toi ; ainsi, n'aie pas honte de confesser tes péchés
en ma présence."
"Puisque tu es venu(e) chez le médecin", dit le prêtre.
Dans la confession, nous devons voir le Christ-juge, qui nous délivre
de la sentence de condamnation ; mais nous devons voir aussi le Christ-médecin,
qui restaure ce qui a été brisé et renouvelle la
vie. Le sacrement ne doit pas être envisagé en termes seulement
juridiques, mais aussi thérapeutiques. Par-dessus tout, la confession
est un sacrement de guérison. Fait remarquable à cet égard,
dans certains commentaires liturgiques byzantins, la confession et l'onction
des malades sont considérés non pas comme deux sacrements
distincts, mais comme des aspects complémentaires d'un seul et
même "mystère" de guérison. Ce que nous
cherchons dans la confession, c'est beaucoup plus qu'une absolution externe,
légaliste ; c'est surtout la guérison de nos profondes blessures
spirituelles. Nous apportons devant le Christ non seulement des péchés
spécifiques, mais encore la réalité du péché
en nous, c'est-à-dire une corruption profonde de notre nature qui
ne peut être complètement exprimée par les mots, qui
semble échapper à notre conscience et à notre volonté.
C'est de cela surtout que nous demandons d'être guéris. En
tant que sacrement thérapeutique, la confession n'est absolument
pas une nécessité pénible, une discipline que nous
imposent les autorités de l'Église, mais une action pleine
de joie et de grâce salvatrice. Par la confession, nous apprenons
que Dieu est vraiment "l'espérance des désespérés",
comme le dit la Liturgie de saint Basile.
"Il n'y a ici que nous trois" - le prêtre, le pénitent
et le Christ médecin. Que fait chacune de ces trois personnes?
L'action de qui est-elle la plus importante? Beaucoup de gens ont tendance
à mettre avant tout l'accent sur ce que le prêtre fait, sur
ses conseils et ses encouragements ; et si le prêtre ne dit rien
d'éloquent ou d'inattendu, ils pensent que peu, sinon rien, ne
s'est accompli. Ou alors ils surévaluent le deuxième aspect,
ce qu'ils font eux-mêmes. Ils s'imaginent qu'ils doivent être
profondément remués, au plan émotionnel, même
si, comme nous l'avons dit, le repentir n'est pas d'abord une question
d'émotion. Et parce qu'ils mettent l'accent principal sur leurs
propres efforts, ils voient la confession sous un jour triste et décourageant,
un peu comme une douche froide, une chose nécessaire mais désagréable
avec laquelle il faut en finir au plus vite. Pourtant, en réalité,
l'action la plus importante n'est pas celle du pénitent ou du prêtre,
mais celle de Dieu. Même si on lui demande de se préparer
par un minutieux examen de conscience, le pénitent, en dernier
ressort, arrive à la confession les mains vides, impuissant, sans
prétendre être capable de se guérir lui-même,
mais en demandant à un autre de le guérir. Et cet autre,
dont il invoque le secours, n'est pas le prêtre mais Dieu. Le prêtre
n'est que "l'huissier de Dieu", qui introduit le pénitent
dans la présence divine ; il n'est, pour prolonger la métaphore
médicale, que le réceptionniste dans la salle d'attente.
C'est au Christ, et non au prêtre, que la confession est faite :
"le Christ est présent de manière invisible pour recevoir
ta confession" ; c'est du Christ, et non du prêtre, que vient
le pardon : "pour en recevoir le pardon de notre Seigneur Jésus
Christ."
À partir du moment où nous regardons la confession, fondamentalement,
comme une action du Christ plutôt que comme la nôtre, le sacrement
du repentir apparaît sous un jour beaucoup plus positif. Il n'est
plus simplement l'expérience de notre propre désintégration
et faiblesse, mais celle de l'amour et du pardon curatifs de Dieu. Nous
avons à voir non seulement le fils prodigue, cheminant lentement
et lourdement sur la longue route du retour à la maison, mais aussi
le père qui l'aperçoit au loin et qui court a sa rencontre
(Lc 15,20). Comme l'écrit Tito Colliander : "Si nous faisons
un pas vers Dieu, il en fera dix vers nous." C'est précisément
ce que nous vivons dans la confession. Comme tous les sacrements, la confession
est une action divino-humaine, dans laquelle il y a une convergence et
une "coopération" entre la grâce de Dieu et notre
volonté libre. Les deux sont nécessaires ; mais ce que Dieu
fait est de loin le plus important.
Le repentir et la confession ne sont donc pas simplement quelque chose
que nous faisons par nous-mêmes ou avec l'aide du prêtre,
mais quelque chose que Dieu fait avec nous et en nous. Comme le dit saint
Jean Chrysostome (IVe s.), "Administrons-nous le remède salvateur
du repentir ; acceptons de Dieu le repentir qui nous guérit. Car
ce n'est pas nous qui le lui offrons, mais lui qui nous le donne."
Il convient ici de se rappeler qu'en grec le mot exomologesis signifie
à la fois la confession des péchés et l'action de
grâces pour les dons reçus.
Quelle est, plus spécifiquement, la part du prêtre dans cette
synergie ? D’un certain point de vue, son pouvoir est très
étendu. Tous ceux qui ont eu la bénédiction d'avoir
pour confesseur une personne douée du vrai charisme de la paternité
spirituelle, témoigneront de l'importance du rôle du prêtre.
Sa fonction n'est pas simplement de donner des conseils. Son absolution
n' a rien d'automatique. Il peut lier aussi bien que délier. Il
peut refuser l'absolution - même si c' est très rare - ou
imposer une pénitence, en interdisant par exemple au fidèle
de communier pendant un certain temps ou en lui demandant d'accomplir
une certaine tâche. Même si ce n'est pas très fréquent
dans la pratique orthodoxe contemporaine, il n'en demeure pas moins important
de se souvenir que le prêtre possède ce droit.
Dans l'Église des premiers siècles, les pénitences
étaient souvent sévères. Pour la fornication, saint
Basile le Grand (IV s.) prescrivait sept ans d'exclusion de la sainte
communion et saint Grégoire de Nysse (IVe s.) neuf ans ; dans la
législation canonique ultérieure, attribuée à
saint Jean le Jeûneur, la peine fût réduite à
deux ans avec un jeûne rigoureux. Pour un homicide involontaire
- par exemple, aujourd'hui, tuer quelqu'un dans un accident de voiture
- saint Basile imposait dix à onze ans d'excommunication et saint
Grégoire neuf ans ; pour autant que le pénitent s'impose
un jeûne strict, saint Jean le Jeûneur autorisait la réduction
de cette peine à trois ans. Quant aux parents qui laissent leur
enfant mourir non baptisé, ils étaient privés de
communion pendant trois ans.
Cela dit, déjà à cette époque, l'évêque
ou le prêtre-confesseur avait la possibilité de modifier
ces pénitences en fonction de la situation particulière
de chacun, selon les principes de "l'économie" ou souplesse
pastorale. Il serait aujourd'hui tout à fait exceptionnel d'appliquer
les canons dans toute leur rigueur ; une large part d'"économie"
est normale. Mais le principe demeure : le prêtre est responsable
devant Dieu de sa manière d'administrer le sacrement et il conserve
le pouvoir d'imposer une pénitence qui peut impliquer si nécessaire,
une période d'excommunication. Par exemple, dans l'Église
grecque en Europe occidentale, il est d'usage pour une femme qui a avorté
d'être exclue de la communion pendant une année - les anciens
canons prévoyaient une période beaucoup plus longue. Dans
un tel cas, le prêtre peut aussi proposer une forme plus active
de pénitence : "Puisque vous avez détruit la vie, peut-il
dire, allez maintenant l'affirmer, par exemple en travaillant bénévolement
les douze prochains mois dans un foyer pour enfants paralysés à
raison de quatre heures par semaine."
La
pénitence ne doit pas être considérée comme
une punition, et encore moins comme une expiation. Le salut est un don
libre de la grâce. Par nos propres efforts, nous ne pouvons jamais
effacer notre faute : le Christ, l'unique médiateur, est notre
seule réparation ; soit il nous pardonne gratuitement, soit nous
ne sommes pas du tout pardonnés. Nous n'acquérons pas de
"mérite" en accomplissant une pénitence, car,
dans sa relation à Dieu, l'homme ne peut jamais revendiquer un
mérite personnel. Ici, comme toujours, nous devrions penser d'abord
en termes thérapeutiques plutôt que juridiques. Une pénitence
n'est pas une punition, ni une forme d'expiation, mais un moyen de guérison.
C'est un médicament. Si la confession véritable est comme
une opération, la pénitence est le fortifiant qui redonne
la santé au patient pendant sa convalescence. La pénitence
est donc, à l'instar de la confession tout entière, essentiellement
positive dans son but : elle n'élève pas une barrière
entre le pécheur et Dieu, mais sert de pont entre les deux. "Considère
donc la bonté et la sévérité de Dieu",
dit saint Paul (Rm 11,12) : la pénitence est une expression non
seulement de la sévérité de Dieu, mais aussi de son
amour.
Investi de l'autorité de lier et de délier, de refuser ou
d'accorder l'absolution, jouissant d'une grande latitude quant aux conseils
et à la pénitence thérapeutique qu'il peut donner,
le prêtre-confesseur est chargé d'une lourde responsabilité.
Pourtant son rôle est aussi limité. La confession, comme
nous l'avons dit, est faite à Dieu et non au prêtre ; et
c'est Dieu qui accorde le pardon. "Je ne suis qu'un témoin",
dit le prêtre ; et, plus explicitement encore selon la paraphrase
de saint Tikhon de Zadonsk : "Je suis un pécheur, comme vous".
Si, au moment de l'absolution, quand il pose sa main sur la tête
du pénitent, le prêtre se trouve dans une certaine mesure
à la place de Dieu, il n'en est pas moins, pendant la première
partie de l'action sacramentelle, comme un compagnon de pénitence,
"un pécheur" qui a lui aussi besoin du pardon divin.
Il y a, en fait, une relation réciproque entre le prêtre
et celui qui se confesse : le père spirituel est aidé par
ses enfants, comme ils le sont par lui. Le prêtre-confesseur doit
aussi, à son tour, aller se confesser ; et quand il le fait, il
est d'usage qu'il enlève la croix sacerdotale qu'il porte autour
du cou.
Le rôle du prêtre en tant que témoin et compagnon de
pénitence apparaît clairement dans les modalités extérieures
du sacrement. Normalement, le prêtre ne devrait pas être assis
lorsque le pénitent est agenouillé, car cela laisserait
entendre qu'il est juge plutôt que témoin. Pendant les prières
initiales, avant la confession proprement dite, le pénitent est
debout face à l'icône du Christ ou à l'Évangile,
et le prêtre se tient à ses côtés. Ensuite,
pour la confession en tant que telle, le prêtre et le pénitent
peuvent tous deux s’asseoir (pratique grecque) ou rester debout
(pratique russe) : dans chaque cas, les deux font la même chose
et sont comme sur un plan d'égalité. Il arrive que le pénitent
s’agenouille et que le prêtre reste debout ; dans ce cas,
le prêtre devra s’incliner pour entendre ce qui est dit, et
ce geste a aussi sa signification propre. Au cours de l'absolution finale,
le pénitent incline la tête - non pas vers le prêtre,
mais vers l'icône ou l'Évangile, qui symbolisent la présence
invisible du Christ, le seul à avoir le pouvoir de remettre les
péchés. La prière d'absolution indique sans équivoque
que c'est le Christ, et non le prêtre, qui accorde le pardon. Dans
la formule la plus ancienne, toujours en usage chez les Grecs, le prêtre
ne dit pas "Je te pardonne", mais "Que Dieu te pardonne".
Au XVIIe siècle, sous l'influence de l'Église catholique
romaine, l'expression a été changée dans les livres
slavons et mise à la première personne : "(...) et
moi, son indigne prêtre, par le pouvoir qu'il m'a donné,
je te pardonne..." ; cependant, pour aucun autre sacrement de l'Église
orthodoxe, le célébrant n'utilise la première personne
dans son administration. On retrouve l'ancienne tradition dans la coutume
du pardon mutuel, toujours observée par les Russes et d'autres
orthodoxes avant de recevoir la communion : un membre de l'assemblée
- ou du clergé - dit "Pardonne-moi" à une autre
personne, laquelle lui répond : "Dieu pardonne".
La guérison que nous vivons à travers le sacrement de la
confession prend la forme plus spécifique d'une réconciliation.
C'est ce que la prière d'absolution révèle : "Ne
le (la) sépare pas de ton Église, sainte, catholique et
apostolique, mais unis-le (la) au pur troupeau de tes brebis" (usage
grec) ; "veuille le (la) réconcilier et l'unir à ta
sainte Église" (usage russe). Le péché, ainsi
que nous l'apprend la parabole du fils prodigue, est un exil, une aliénation,
une exclusion ou mieux une auto-exclusion de la famille. Comme le dit
Alexei Khomiakov (+ 1860) : "Quand l'un de nous tombe, il tombe seul."
Se repentir, c'est rentrer à la maison, revenir de l'isolement
à la communauté, être réintégré
dans sa famille.
Le don des larmes, très présent dans le mouvement charismatique
contemporain, prend aussi une place importante dans la tradition spirituelle
de l'Orient chrétien. La "théologie des larmes"
joue notamment un rôle très significatif dans l'enseignement
de saint Jean Climaque, saint Isaac le Syrien et saint Syméon le
Nouveau Théologien (+ 1022). Pour saint Jean Climaque, les larmes
représentent un renouvellement de la grâce du baptême
: "Elle est plus grande que le baptême lui-même, cette
source de larmes qui jaillit après le baptême, si audacieuse
que puisse être cette affirmation. (...) Comme nous recevons tous
le baptême dans l'enfance, nous le souillons par la suite ; mais
au moyen des larmes, nous le renouvelons dans sa pureté première."
Saint Isaac le Syrien, de son côté, considère les
larmes comme la limite cruciale entre l'état "corporel"
et l'état "spirituel", comme le point de transition entre
le temps présent et le siècle à venir, dans lequel
nous pouvons entrer par anticipation déjà dans cette vie.
L'enfant nouveau-né pleure en arrivant dans ce monde ; de même,
le chrétien pleure lorsqu'il renaît dans le siècle
à venir. Saint Syméon le Nouveau Théologien estime
que nous ne devrions jamais recevoir la communion sans verser de larmes.
Et selon son disciple, Nicétas Stéthatos, les larmes peuvent
même restaurer la virginité perdue.
Qu'est-ce que ce don des larmes nous dit de la signification du repentir?
Il y a beaucoup de sortes de larmes, et il est essentiel de les distinguer.
La différence principale se situe entre les larmes sensuelles et
les larmes spirituelles, avec toutefois une troisième espèce,
les larmes démoniaques. Les larmes sensuelles sont émotionnelles,
les larmes spirituelles "ascétiques". Les premières
sont généralement liées aux passions, les fruits
de la colère, de la frustration, de l'envie, de l'apitoiement sur
soi-même, ou simplement de l'excitation nerveuse. Les secondes,
comme leur nom l'indique, sont non pas le résultat de nos propres
efforts, mais un don de la divine grâce de l'Esprit Saint ; elles
sont donc étroitement liées à notre prière.
Les larmes sensuelles expriment notre tristesse, terrestre, de vivre comme
nous le faisons dans un monde déchu et corrompu, en marche constante
vers la mort. Les larmes spirituelles nous amènent à la
vie nouvelle de la résurrection.
Selon les Pères, les larmes spirituelles sont de deux ordres. Au
degré le plus bas, elles sont amères, une forme de purification,
l'expression de la contrition, du regret d'avoir péché,
de la peine d'être séparé de Dieu ; c'est Adam se
lamentant devant les portes du Paradis, le fils prodigue, toujours en
exil, pleurant sa patrie perdue. Au degré le plus élevé,
elles sont douces, une forme d'illumination, l'expression de la joie née
de l'amour de Dieu, de notre gratitude pour la restauration imméritée
de notre état de "fils" ; c'est le fils prodigue pleurant
de joie à la fête organisée en son honneur dans la
maison du Père. Au degré inférieur, pour paraphraser
saint Grégoire de Nysse, les larmes sont comme le sang qui coule
des blessures de notre âme ; au degré supérieur, elles
indiquent la spiritualisation des sens et constituent un aspect de la
transfiguration totale de la personne humaine par la grâce déifiante.
Ces deux types de larmes spirituelles ne doivent cependant pas être
opposées de manière trop tranchante, car l'un mène
à l'autre. Ce qui naît comme larmes de regret pour le péché
se transforme graduellement en larmes de gratitude et de joie. À
nouveau, dans ce don des larmes, nous retrouvons la dimension positive,
et non négative, du repentir : il n'est pas destructeur mais vivifiant,
pas décourageant mais plein d'espoir.
Telle est notre expérience de la "grande intelligence"
ou du "changement de l'esprit" que désigne le mot "repentir".
Rempli de peine, mais en même temps plein de joie, le repentir exprime
la tension créatrice qui a toujours imprégné la vie
chrétienne ici-bas et que saint Paul a décri de façon
si vivante : "Nous portons partout et toujours en notre corps les
souffrances de mort de Jésus, pour que la vie de Jésus soit,
elle aussi, manifestée dans notre corps (...) ; pour gens qui vont
mourir, et nous voilà vivants ; (...) pour tristes, nous qui sommes
toujours joyeux" (2 Co 4,10 ; 6,9-10). Vie de repentir permanent,
notre qualité de disciples du Christ est un partage à la
fois de Gethsémani et de la Transfiguration, de la Croix et de
la Résurrection. Un état intérieur que saint Jean
Climaque résume par ces mots : "Celui qui a revêtu,
telle une robe nuptiale, l'affliction bienheureuse et comblée de
grâce, connaît le rire spirituel de l'âme."
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