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Les byzantins estimaient que le sens de l'art est dans la
beauté et les icônes byzantines se caractérisent par
leur éclat doré et la vivacité des teintes utilisées.
Chaque couleur cependant a sa place et son sens propre. La tradition byzantine
accorde aux couleurs la même importance qu'aux mots et ne les mélange
jamais : elles sont claires ou sombres, mais toujours pures. Une ou plusieurs
couleur forment une image expressive. Elèves des maîtres byzantins,
les iconographes russes ont adopté et conservé la symbolique
des couleurs mais l'icône russe n'a jamais atteint ni la splendeur
ni la sévérité des icônes byzantines. Les couleurs
sur les icônes russes apparaissent plus vivantes, plus vibrantes,
plus éclatantes. Les iconographes russes ont ainsi donné
à l'icône l'empreinte des conditions, des goûts et de l'idéal
de l'Ancienne Russie.
L'or
Le brillant doré des mosaïques et des icônes permettait de
ressentir l'éclat de Dieu et l'extraordinaire beauté du
Royaume céleste qui ne connaît pas de nuit. L'or symbolise également
Dieu lui-même. Cette couleur brille de multiples nuances sur l'icône
de la Mère de Dieu de Vladimir. Le pourpre
Dans la tradition byzantine, le pourpre était couleur royale, couleur
de Dieu dans le Ciel, de l'empereur sur la terre. Seul l'empereur avait
le droit de signer ses ordres à l'encre pourpre et de s'asseoir
sur un trône de la même couleur, lui seul portait des vêtements
et des bottes pourpres. Les couvertures des évangéliaires
dans les églises étaient tendus d'étoffe pourpre.
On retrouve également la couleur pourpre sur le vêtement
de la Mère de Dieu, reine des Cieux.
Le
rouge
Particulièrement frappante sur les icônes, le rouge est la
couleur de la chaleur, de l'amour, de la vie, de l'énergie vivifiante.
Le rouge est donc en conséquence la couleur de la Résurrection,
victoire de la vie sur la mort. Elle est aussi la couleur du sang et du
martyre, couleur du sacrifice du Christ. Les martyrs sont représentés
vétus de rouge. Le feu divin dont brillent les ailes des anges
et des archanges est aussi rendu par le rouge. En signe de vie éternelle,
on peignait aussi parfois des fonds rouges. Le
blanc
Le blanc symbolise la lumière divine. C'est aussi la couleur de
la pureté, de la sainteté et de la simplicité. Sur
les icônes et les fresques des saints sont habituellement figurés
en blanc les Justes, les bons, ceux qui ont vécu selon la Vérité.
Du même éclat blanc scintillent les langes des nouveaux-nés,
les âmes des justes et les anges.
Le bleu
Le bleu foncé et le bleu clair représentent l'infini du
ciel, ils sont le symbole du monde éternel. Le bleu est aussi la
couleur de la Mère de Dieu, lien entre le céleste et le
terrestre. Dans la plupart des églises, le bleu ciel domine sur
les représentations de la Mère de Dieu. Le
vert
Le vert est la couleur de ce qui est naturel, de ce qui est vivant, couleur
de l'herbe et des feuilles, de la jeunesse, de l'épanouissement,
de l'espérance, de l'éternel renouvellement. Sur les icônes,
la terre est figurée en vert ; le vert est également utilisé
dans les scènes de la Nativité, commencement du salut. Le marron
Le marron est couleur de la terre, de la poussière, du temporel
et du corruptible. Associé à la pourpre royale sur les vêtements
de la Mère de Dieu, le marron rappelle la nature humaine, soumise
à la mort. 
Le noir
Le noir symbolise la mort et le mal. Les grottes, symboles du tombeau
et des profondeurs de l'enfer sont soulignées de noir sur les icônes.
Dans certaines scènes, le noir peut cependant aussi signifier le
mystère. C'est par exemple sur un fond noir qu'est représentée
la profondeur indicible de l'univers et du Cosmos ou le vieillard couronné
sur l'icône de la descente aux Enfers. L'habit noir des moines,
retranchés de la vie ordinaire symbolise le refus des plaisirs
et des habitudes, état de mort au coeur de la vie. |