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La
plus grande des fêtes qui se rencontre en cette période de
l’année [le Carême] est assurément la fête
de l’Annonciation de la maternité divine faite par l’ange
Gabriel à la Théotokos, la très sainte Vierge Marie.
Une phrase des chants de matines résume toute la signification
de cette fête : " Le mystère éternel est révélé
aujourd’hui ; le Fils de Dieu devient Fils de l’homme…
". L’Épître aux Hébreux, lue à la
liturgie (2, 11-18), insiste sur ce que, du fait de l’Incarnation,
" le sanctificateur et les sanctifiés ont tous même
origine. C’est pourquoi il ne rougit pas de les nommer frères
". L’Évangile (Lc 1, 24-38) relate la révélation
que Gabriel, à Nazareth, fit à Marie. La réaction
de Marie, " comment cela se fera-t-il ? ", N’est pas l’expression
d’un doute, et en cela elle diffère de la réaction
de Zacharie, lorsque la naissance de Jean lui fut prédite. Marie
pose simplement une question respectueuse ; et, quand l’ange explique
que le Saint-Esprit descendra sur elle et la couvrira de son ombre, Marie
répond, avec l’humilité et l’obéissance
qui caractérisent toute sa personne : " Je suis la servante
du Seigneur ; qu’il me soit fait selon ta parole ".
La fête de l’Annonciation a en quelque sorte deux faces. L’une
d’elles est tournée vers la Très Sainte Mère
de Dieu. Elle concerne sa gloire et notre piété envers Marie.
La déclaration de cette gloire et l’expression de cette piété
trouvent leur forme parfaite dans la première phrase du message
de l’ange : " Salut, pleine de grâce, le Seigneur est
avec toi ". Nous ne pouvons mieux nous adresser à la Sainte
Vierge qu’en répétant cette phrase avec vénération
et tendresse. L’autre face du mystère de l’Annonciation
est tournée vers les hommes. Dans la vie de tout chrétien,
il doit y avoir des Annonciations divines, des moments où Dieu
nous fait connaître sa volonté et son dessein à notre
égard. Mais toutes ces Annonciations doivent s’unir et se
fondre dans une Annonciation essentielle : l’Annonce que Jésus
peut naître en nous, peut naître de nous – non point
dans le sens où il fut conçu et mis au monde par la Vierge
Marie, car il s’agit là d’un miracle unique et inégalable,
mais dans le sens d’une prise de possession toute spirituelle et
en même temps très réelle de notre personne par le
Sauveur. Et puis rappelons-nous que toute Annonciation authentique est
aussitôt suivie d’une Visitation : la faveur divine étendue
sur nous doit immédiatement provoquer de notre part une démarche,
une parole ou un acte de charité envers nos frères. Voilà
pourquoi l’évangile des matines de l’Annonciation est
le récit de la visite faite par Marie à Élisabeth.
La Mère de Dieu, aussitôt après son entretien avec
Gabriel, va porter la grâce à sa cousine et faire rayonner
cette grâce sur Élisabeth et Jean. |